Histoire de la capoeira

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Origine de la capoeira

La capoeira apparaît au Brésil en 1537, avec la déportation par les colons portugais de milliers d’esclaves venus d’Angola pour travailler dans les champs de canne à sucre. Les colons portugais dispersent les esclaves afin de mieux imposer leur autorité. Possédant chacun un dialecte qui leur est propre, les Africains ne parviennent désormais plus à communiquer entre eux.

 

Forcés d’apprendre le portugais, ils ne perdent pas pour autant leur identité, leurs rites et leurs coutumes. Leurs traditions culturelles se manifestent essentiellement par des danses, des chants, mais aussi des démonstrations de combats en cercle. Très vite, une complicité s’installe parmi les opprimés du pouvoir colonial.

 

Les esclaves décident alors d’utiliser ces rites contre leurs asservisseurs. Ils mettent au point une technique de combat déguisée en danse, fort utile pour s’échapper des plantations. La musique leur sert à cacher le véritable but de ces pratiques. Leurs maîtres ne se doutent de rien. Ils pensent que ce ne sont que des jeux et autres danses traditionnelles africaines. Or les esclaves développent au fil des jours un véritable art du combat. La révolte gronde dans les champs de canne à sucre. La capoeira angola est en train de naître, mais ne porte pas encore de nom.

 

La ruse des esclaves ne dure qu’un temps. Les colons finissent par interdire cette pratique qu’ils jugent subversive. Les répressions sont d’une extrême violence. Au mieux, les esclaves pris en flagrant délit sont gravement mutilés, dans le but de les empêcher de pratiquer cet art martial. Au pire, ils sont tués sur-le-champ.

 

Les esclaves essaient de fuir cette violence en utilisant la capoeira pour se défendre. Au XVIIe siècle, les plus tenaces, qui parviennent à s’échapper des exploitations agricoles, commencent à se regrouper dans des communautés rurales isolées,et souvent cachées dans les montagnes ou les forêts, appelées Quilombos. Le plus connu d’entre eux se nomme Quilombo dos Palmares où près de 30 000 fugitifs recréent dans l’Alagoas (nord-est du Brésil) une communauté inspirée par l’art de vivre africain.

 

Rédaction : CM Barriga

L'abolition de l'esclavage au brésil

L’esclavage est aboli en 1888, juste avant la proclamation de la République du Brésil en 1890. Pour autant, la répression des capoeiristes persiste comme pour toutes les autres traditions afro-brésiliennes. Les Noirs ont beau être libres, ils restent pauvres et vivent entassés dans les bidonvilles. Affranchis, ils vont jusqu’à perdre leur travail et la protection de leurs maîtres. Ils subissent le racisme des riches colons qui leur refusent l’accès aux emplois les plus gratifiants. La liberté a, pour eux, un goût amer. Démunis de tout, ils vont être livrés à eux-mêmes et leur unique issue devient alors la survie.

La capoeira reste une discipline pratiquée en marge de la société. Réunis en bande, dans les bidonvilles, les « danseurs-combattants » usent à présent des armes. Il leur arrive d’agir en tant qu’hommes de main, après avoir négocié leur peine avec les autorités. Ils jouent aussi un rôle politique, d’influence, puisqu’ils font leur loi.

Très vite, la situation dégénère. La capoeira devient un combat de rue, pratiqué par les Afro-Brésiliens dans les quartiers pauvres et malfamés. Ces nouveaux gangsters s’entretuent afin d’acquérir un territoire. Le soir venu, aucun voyou ne sort sans une écharpe de soie à laquelle est attaché un rasoir. Chacun vient également avec des chaussures à semelles de bois, qui, portées à la main, font office de bouclier contre les coups de rasoir de l’adversaire. Ces combats de rue sont terriblement sanglants.

 

Rédaction : CM Barriga

La capoeira dans le code pénal brésilien (1890-1937)

La capoeira n’est plus qu’une arme de guerre destructrice et haineuse. Elle est mise au ban de la société. La discipline est interdite en 1890 et le demeure jusqu’en 1937. Elle reçoit alors ses lettres de noblesse du président populiste Getulio Vargas qui la qualifie de « sport national », après avoir assisté à une roda de Mestre Bimba, un maître capoeiriste incontesté, et de ses élèves.

 

Rédaction : CM Barriga

Le XXe siècle

Le XXe siècle est le temps des grands maîtres capoeiristes. Ces derniers ont contribué à lutter contre la ségrégation raciale tout en légitimant la capoeira comme un art à part entière. C’est à Salvador de Bahia que s’ouvrent les premières académies officielles.

 

Deux grandes écoles de la capoeira apparaissent, avec chacune leur initiateur. D’abord, la capoeira régionale, créée par Mestre Bimba, dont la première académie voit le jour en 1932. Cette pratique est très acrobatique et emprunte aux autres arts martiaux. La capoeira angola exercée par l’académie de Mestre Pastinha, voit officiellement le jour en 1941. Elle ressemble à la capoeira pratiquée par les esclaves venus d’Angola à l’origine avec des mouvements proches du sol imitant le mouvement des animaux qui vivaient aux alentours des tribus : le crocodile, l’autruche, le singe, le lion et d’autres.

 

Aujourd’hui, le Brésil garde les traces de la colonisation. Le racisme, même s’il n’est pas officiel, est malheureusement encore très présent dans le pays. Les chances d’avoir un travail ou d’accéder à l’université sont malheureusement moindres chez la population afro-brésilienne que chez l’autre partie de la population, même si la population brésilienne est composée à 55,8 % d’afro-brésiliens. La fracture sociale est toujours béante.

 

Les meilleures académies brésiliennes de capoeira se trouvent actuellement à Bahia. Il existe une fédération de capoeira et des championnats organisés tout au long de l’année, auxquels participent tous les Brésiliens, toute classe sociale et genres confondus. La capoeira est souvent pratiquée à la fin de la journée en extérieur sur une place publique, sur une plage, ou alors dans l’académie du maître. À l’étranger, la capoeira est considérée comme un sport qui s’exporte bien. Connaissant un vif succès, elle est enseignée par une diaspora de capoeiristes brésiliens qui surfent sur la mode brésilienne que connaissent les sociétés occidentales.

 

Rédaction : CM Barriga

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